Le Tour de France 2025 : quand la Mayenne devient la nouvelle Mecque du cyclisme… ou presque
Laval, 12 juillet 2025 – Ce samedi, alors que la majorité des Français s’épongeaient péniblement la nuque sous la canicule, la Mayenne, département du centre-ouest souvent réduit à un vague souvenir de beurre demi-sel et de bocage bucolique, s’est offert le rôle inattendu de capitale mondiale du cyclisme. L’arrivée de la 8ème étape du Tour de France 2025 à Laval a propulsé ce coin tranquille des Pays de la Loire sur le devant de la scène. Mieux : la Mayenne se rêve désormais en Eldorado du vélo, au grand dam des départements voisins, prompts à brandir la carte historique de la jalousie territoriale.
La Mayenne, terre sacrée du deux-roues (du moins en juillet)
« C’est un honneur immense », souffle avec la solennité d’un pape Jean-Michel Vélo, président du comité départemental de cyclisme mayennais. « La Mayenne, terre de cyclisme, accueille le Tour comme jamais auparavant. On sent que le vélo, ça coule dans nos veines, et maintenant, ça roule dans nos rues aussi. »
Et l’on comprend vite que cette déclaration n’est pas qu’un coup de pédale : la mairie de Laval a investi dans un dispositif digne des Jeux Olympiques, avec fan zones, animations à gogo, et même un « concours de lancer de bidons » – discipline jusqu’ici confidentielle mais promise à un bel avenir dans le calendrier sportif local.
Les voisins grincheux : « La Mayenne ? Sérieusement ? »
À peine la nouvelle tombée, la riposte ne se fait pas attendre. Du côté de la Sarthe, qui se sent cruellement délaissée, on fulmine. « Pourquoi la Mayenne ? Pourquoi pas nous ? » s’insurge un élu local, qui préfère rester anonyme, craignant que sa protestation ne lui coûte une place au prochain comité régional. « On a aussi des routes, des clubs, et surtout des supporters passionnés. On réclame notre part de lumière, sinon gare à la révolte des cyclistes oubliés ! »
Au-delà des protestations minoritaires, ce soulèvement local illustre une vérité immuable : dans l’Hexagone, chaque département rêve de sa minute de gloire sportive, même au risque de déclencher une guerre des territoires à faire pâlir les conseils municipaux.
Quand la géopolitique rencontre le peloton
Pour décrypter ce phénomène, nous avons contacté le professeur Hubert Pédale, éminent spécialiste en géopolitique sportive et auteur de « La géographie du cyclisme : territoires, pouvoir et pédales ».
Selon lui, « ce qui se joue ici dépasse largement la simple organisation d’une étape. La Mayenne, en choisissant de capitaliser son identité cycliste, joue la carte de l’exclusivité culturelle. C’est symptomatique d’une tendance française à la survalorisation locale de grands événements. Chaque département veut son quart d’heure de gloire, surtout quand il s’agit d’un rendez-vous aussi populaire que le Tour. Cette dynamique, si elle s’amplifie, pourrait engendrer une fragmentation du calendrier cycliste avec des Tour de France parallèles, voire un championnat de France des départements à l’horizon 2030. »
On imagine déjà, dans un futur proche, l’étape Strasbourg-sur-Loire contre Angoulême-sous-Bois, avec commentaires passionnés sur la qualité du revêtement asphalte et la déclivité des côtes.
Laval en fête : Au programme, lancer de bidons et selfies avec des pelotons fictifs
Le maire de Laval, visiblement ravi de cette soudaine médiatisation, nous confie avec un sourire : « Le Tour, c’est la fête ! Nous avons prévu des animations grandioses, des fan zones colorées. Et surtout, notre fameux concours de lancer de bidons, une discipline olympique en devenir. Nous comptons aussi installer des murs interactifs où les visiteurs pourront se prendre en photo avec un peloton virtuel, histoire de se sentir un peu coureur du Tour, même sans avoir transpiré. »
L’idée d’un trophée local de la meilleure photo « maillot jaune en carton » ne semble pas exclue.
Lucie, cycliste amateur, entre fierté et scepticisme
« Moi, je viens de la Mayenne, et franchement, je ne pensais pas qu’on allait faire autant parler de nous », confie Lucie, 28 ans, cycliste amateur et désormais ambassadrice officieuse du département. « C’est un peu surréaliste, mais on va en profiter. On a même envisagé de peindre nos vaches en jaune pour encourager les coureurs. »
Une initiative qui fait déjà débat parmi les éleveurs, certains suggérant qu’on ne devrait pas mélanger sacs poubelles jaunes et bétail.
Analyse finale : la Mayenne, capitale cycliste… le temps d’un été ?
Le Tour de France 2025 aura réussi un joli coup : faire de la Mayenne une capitale cycliste, au point que même les vaches des pâturages environnants semblent s’intéresser aux échappées. Mais comme le soulignait déjà ce bon vieux proverbe local revisité par les réseaux sociaux :
« À la Mayenne, le vélo c’est sacré, ailleurs c’est juste… plat. »
Reste à savoir si cet engouement passager ne se transformera pas en une guerre des territoires, où chaque département voudra son étape, son maillot jaune, et pourquoi pas, son propre Tour de France parallèle. Un futur où la France ne compterait plus un, mais vingt petits Tours, chacun avec son lot de lanceurs de bidons et de selfies dans les fan zones.
Dans ce contexte, mieux vaut garder ses roues droites et son guidon ferme : la révolution cycliste départementale ne fait que commencer.
Sources et inspiration :
- Site officiel du département de la Mayenne : Tour de France 2025 en Mayenne